Veille PFUE: La relation USA/UE: levier ou frein au projet français de souveraineté européenne?

Dernière mise à jour : 3 juin

Par Lou ROCCA

Directeur de publication: Thomas MESZAROS

Responsable pédagogique: Fabien DESPINASSE, Julie DUNOUHAUD



Introduction:


La relation de défiance entre les Etats-Unis d’Amérique et l’Union Européenne instaurée durant le mandat de Donald Trump avait été explicitée par ce dernier dans un tweet le 25 novembre 2018, en 200 caractères : « L’Europe doit payer sa part pour sa protection militaire. L’Union Européenne, depuis des années, profite de nous pour son commerce, et ensuite ils ne sont pas à la hauteur de leurs engagements militaires à travers l’OTAN. Les choses doivent changer, et vite ! ». (1). Cette prise de position tranchait avec la relation de coopération mise en place entre les Etats-Unis et l’Europe au sortir du second conflit mondial. Cette volonté d’autonomie dans la défense de l’Europe se retrouve au cœur du projet européen d’Emmanuel Macron, présenté en 2017 dans son « Discours de la Sorbonne » (2). Pour Emmanuel Macron, la cinquième clé de la souveraineté européenne est la souveraineté numérique (2). Mais pour lui, la souveraineté est obligatoirement corrélée à la coopération. Dans sa tribune « Pour une Renaissance de l’Europe » datant de 2019, cette coopération devait s’opérer essentiellement au niveau européen (3). Mais aujourd’hui, et dans le contexte géopolitique particulier de la guerre en Ukraine, cette coopération rime également avec celle mise en place avec l’allié historique de la construction européenne, les Etats-Unis. Une coopération qui recouvre les domaines du numérique et des technologies, mais qui s’étend également à un partenariat dans la défense et la sécurité.


Dans le cadre de la PFUE, la France à tout intérêt à continuer à promouvoir ce partenariat dynamique. Ainsi s’est tenu le Trade and Technology Council (Conseil du Commerce et des Technologies) les 15 et 16 mai dernier, censé « renforcer (le) partenariat renouvelé en période de turbulences ». (4). En parallèle, le comportement proactif des Etats-Unis dans la défense de l’Ukraine témoigne de leur stratégie latente d’apparaître comme les protecteurs les plus crédibles du continent européen. À ce partenariat complet et historique entre les USA et l’UE fait face l’héritage français singulier. La France a toujours été davantage réticente à l’implication américaine sur le vieux continent que ses partenaires européens.

Ainsi, cette coopération un peu plus renforcée par la France lors de la PFUE est-elle le résultat du poids institutionnel de cette fonction, ou la France considère-t-elle que de cette coopération peut résulter un renforcement de la souveraineté européenne?


I. Le Trade and Technologies Council (CCT): Un organe inédit de coopération technologique à bénéfices réciproques


1. Les faits: l’accélération de la coopération technologique et numérique entre l’Europe et les Etats-Unis pendant la PFUE


Margareth Vestager, coprésidente du CCT, déclarait après le déroulement de cette seconde réunion ministérielle que « cette coopération va au-delà de notre réaction à la guerre ». (5). Même si cette seconde réunion s’est attachée à trouver des solutions pour « sécuriser nos chaînes d'approvisionnement et renforcer la sécurité alimentaire mondiale » (5) dans le cadre de la guerre en Ukraine, l’objectif de ce forum est avant tout de« relever les défis mondiaux en matière de commerce, qu'ils soient nouveaux ou émergents, en travaillant en tant que partenaires de confiance. » (5).


Ce conseil avait été créé à l’occasion du Sommet Union Européenne-Etats-Unis qui s’est déroulé à Bruxelles le 15 juin 2021. Dans le cadre de la définition d’un « programme commun » (6), ce Conseil du Commerce et des Technologies s’est vu attribuer les missions de :

  1. renforcer les relations bilatérales en matière de commerce et d'investissement.

  2. éviter de nouveaux obstacles techniques inutiles au commerce.

  3. renforcer la coopération mondiale en matière de technologie, de questions numériques et de chaînes d'approvisionnement.

  4. coopérer pour l'élaboration de normes compatibles et internationales.

  5. faciliter la politique réglementaire.

  6. promouvoir l'innovation et le rôle moteur des entreprises des EU et de l’UE.

Cette « plateforme de coopération efficace » (6) était rendue nécessaire par la relation commerciale de premier plan entre l’Union Européenne et les Etats-Unis (cf infographie, Union Européenne, 2021) (7)


Outre Atlantique, les Etats-Unis ont réaffirmé leur volonté de baser cette coopération sur un socle de valeurs démocratiques, notamment sur celle du respect des droits de l’Homme (8). Par ailleurs, ils indiquent également vouloir maintenir le leadership américain et de ses alliés dans le domaine des sciences et des technologies afin de contrer l’influence des régimes autoritaires dans le digital et dans les technologies émergentes. Parmi les trois présidents américains de ce conseil figure Anthony Blinken, l’actuel US « Secretary of State » (l’équivalent du ministère des affaires étrangères français), ce qui renvoi à la prééminence de l’Union Européenne dans la politique étrangère européenne des Etats-Unis (9).


Le premier CCT, marqueur de ce nouveau souffle donné à la relation commerciale entre les Etats-Unis et l’Union Européenne, s’est tenu le 29 septembre 2021 aux Etats-Unis dans un lieu symbolique, Pittsburgh, ville de la RustBelt ( « ceinture de rouille »), région industrielle du nord-est du pays. La section 2 de leur déclaration conjointe à l’issue de cette première rencontre fait l’état de six objectifs qui viennent compléter ceux qui avaient été envisagés en juin 2021 (10) :

  1. mettre en place des « investments screening », entendus comme des procédures permettant aux États d’avoir accès, d’enquêter ou encore d’autoriser des investissements directs à l’étranger.

  2. la mise en place de contrôles à l’export pour assurer qu’ils soient en accord avec les normes internationales.

  3. leur volonté conjointe de participer au développement d’une intelligence artificielle sûre et responsable.

  4. le rééquilibrage des chaînes d’approvisionnement (rendu nécessaire par les conséquences de la crise sanitaire).

  5. éviter de nouveaux obstacles techniques inutiles au commerce (mesure explicitée en juin 2021).

  6. la volonté de développer la communication et le travail conjoint entre les différentes parties prenantes du CCT.

Un tel espace de coopération devait permettre de renforcer le flux commercial entre les Etats-Unis et l’Union Européenne, processus alors nécessaire pour des économies qui ne s’étaient pas encore relevées de la crise économique engendrée par la pandémie mondiale. Ce resserrement conjoncturel de la relation commerciale entre les parties prenantes n’est pas inédit. Depuis la sortie des Etats-Unis de leur position isolationniste après la Seconde Guerre mondiale, la relation entre l’Union Européenne et les Etats-Unis s’est renforcée historiquement après chaque choc géopolitique mondial majeur.


Ainsi, les 15 et 16 mai 2022, les Etats-Unis et l’Union Européenne se sont à nouveau réunis à Paris-Saclay dans le contexte cette fois-ci de l’invasion russe de l’Ukraine. Les parties prenantes se sont alors mises d’accord sur quatre points :

  1. la mise en place d’un support multidimensionnel à l’Ukraine (lutte contre la désinformation ou encore la continuation de sanctions contre la Russie dans le domaine des contrôles à l’export).

  2. la sécurisation des chaînes d’approvisionnement, notamment en matière d’énergie solaire ou encore de semi-conducteurs.

  3. une coopération autour des technologies émergentes (intelligence artificielle, réseaux internet 4 et 5G etc.).

  4. la volonté de produire des efforts en matière de développement durable.


A partir de 2021, la relation commerciale entre les Etats-Unis et l’Union Européenne s’est donc consolidée, avec la reconnaissance mutuelle de l’importance de leur coopération en cas de crise mondiale.


2. L’analyse: une coopération au service du projet français de souveraineté européenne


En 2017, Emmanuel Macron présentait son projet pour une Europe « unie, souveraine et démocratique » (11). Dans son discours de la Sorbonne, puis dans tous ceux qui suivirent et qui concernaient l’Europe, le président français explique l’importance de la mise en place d’un agenda pour l’Europe qui lui garantisse l’autonomie et la souveraineté, notamment vis-à-vis des Etats-Unis (12). L’instauration d’un tel dialogue entre l’Union Européenne, « incarnée » médiatiquement pendant six mois par Emmanuel Macron, et les Etats-Unis, peut servir de levier pour l’instauration d’un dialogue davantage paritaire entre les protagonistes. En effet, le bilatéralisme « assigne des obligations aux deux parties contractantes » (13) et de façon égalitaire. Il est à noter que, durant sa PFUE, la France souhaite promouvoir un modèle de libéralisme économique et de libre échange avec par exemple la volonté de créer un marché du travail européen (11). Par ailleurs, elle place la « souveraineté numérique » dans ses objectifs principaux (11). Mais pour atteindre cette souveraineté numérique devenue primordiale avec, entre autres, l’explosion du cyberespace induit par la prolifération des technologies et du numérique, la France promeut pour l’Europe une coopération pragmatique avec ses partenaires. La crise du Covid-19, en pointant du doigt les faiblesses du commerce mondialisé, a montré l’importance d’une production personnalisée dans le domaine du numérique et notamment des semi-conducteurs. Cette politique de « préférence européenne » est la clé de voûte du projet du Chips Act de la Commission Européenne qui souhaite une production européenne s’élevant d’ici 2030 à 20% de la production mondiale de semi-conducteurs (14). Selon Ursula Von Der Leyen, présidente de la Commission Européenne, « l’enjeu est aussi notre souveraineté technologique », dénonçant ainsi la trop grande dépendance de l’Union Européenne aux semi-conducteurs asiatiques. Le second producteur de semi-conducteurs au monde, Intel, a dévoilé le mardi 15 mars 2022 un plan d’investissement historique en Europe qui pourrait atteindre 80 milliards de d’euros sur 10 ans (15). Le groupe a précisé dans un communiqué que l’objectif était de créer un « écosystème de puces européen ». (16). Ce plan d’investissement s’inscrit dans le cadre du Chips Act, mais également plus globalement dans les objectifs tracés par l’Union Européenne et les Etats-Unis lors des deux Conseil du Commerce et des Technologies. Ainsi, la coopération entre ces deux parties devrait permettre à l’Europe d’augmenter son potentiel d’autonomie dans le domaine des semi-conducteurs (17 milliards d’euros seront consacrés à la création d’une immense usine en Allemagne à Magdebourg) (15). In fine, cela pourrait permettre à la France d’avancer dans son projet de promotion de la souveraineté numérique.


La coopération entre l’Union Européenne et les Etats-Unis dans le domaine du commerce et des technologies apparaît comme un élément catalyseur du projet de souveraineté européenne prônée par la France lors de sa PFUE. Cependant, des divergences profondes vont apparaître entre les deux alliés historiques concernant la problématique de défense de l’Europe.


II. La défense de l’Europe, point de divergence entre les deux alliés historiques


1. L’Union Européenne, vecteur de mise à distance par la France du protecteur américain


Si la relation commerciale entre l’Union Européenne et les Etats-Unis pourrait permettre à la France, durant cette PFUE, de poursuivre son agenda tourné vers la souveraineté et l’autonomie de l’Europe, leur coopération en matière de défense explicite les points de divergence entre ces protagonistes. La défense de l’Europe est l’objet d’une concurrence durable entre ces deux alliés. Paradoxalement, la France a utilisé dans le passé des mécanismes de l’Union Européenne afin de concurrencer les Etats-Unis, en premier lieu dans le domaine spatial. On peut citer par exemple les investissements de la France dans le lanceur de satellites léger « Vega » (Vecteur européen de génération avancée), commercialisé par la société française Arianespace (17) et qui doit servir essentiellement, du moins jusqu’à présent, à des missions d’observation terrestre. Le développement de lanceurs de satellites de petite taille surpasse celui de lanceurs de satellites plus massifs, à l’image du lanceur français Ariane, et ce, car ils demandent l’utilisation des nouvelles technologies spatiales de pointe (18). Leur développement résulte donc d’un choix politique, de la part de l’Union Européenne, et particulièrement du couple franco-italien, prêts à investir dans ce secteur afin de concurrencer de grandes nations spatiales telle que la Russie ou encore les Etats-Unis. Si le Traité de l’Espace de 1967 interdit l’utilisation d’armes nucléaires ou de destruction massive dans l’espace (19), la Russie a déjà montré des signes d’utilisation de l’espace à des fins militaro-stratégiques. En 2018, Florence Parly, alors ministre des armées françaises, accusait la Russie d’avoir utilisé son satellite Louch-Olymp pour espionner le satellite franco-italien Athena-Fidus qui sert à des communications militaires sécurisées (20). La France a ainsi explicité sa stratégie spatiale en 2019 (21). Bien que confinée dans le domaine du défensif, la France entend montrer au monde et en premier lieu à ses partenaires européens qu’elle mettra en place les efforts nécessaires pour devenir une puissance spatiale crédible et ainsi prouver sa capacité à assurer la défense de l’Europe. La loi de programmation militaire 2019-2025 prévoit ainsi d’augmenter le budget spatial à 3,6 milliards d’euros, ce qui reste bien inférieur aux dépenses américaines annuelles dans le spatial de 47,17 milliards de dollars en 2019 (22).


La concurrence entre la France et les Etats-Unis pour la défense de l’Europe s’incarne finalement dans leur politique nucléaire. C’est à partir de 2016, après le sommet de l’OTAN de Varsovie, que les 28 États membres de l’Union Européenne se mettent d’accord pour rendre définitivement opérationnel le système de « bouclier anti-missiles » américain en Europe (23). La France s’est tout de suite montrée réticente à ce projet qui, de fait, entrave son propre système de dissuasion nucléaire. Pour Emmanuel Macron, en 2017, « les Européens doivent pouvoir ensemble se protéger. Ils doivent pouvoir décider et agir seuls lorsque cela est nécessaire. » (24). Dans son discours exposant la stratégie de défense et de dissuasion de la France, il exhorte à ses partenaires européens de participer à son projet d’Europe de la défense car « nos normes ne peuvent être sous contrôle américain ». Face à la menace d’une reprise de la prolifération nucléaire et d’un potentiel retour de confrontations de puissances nucléaires sur le sol européen, E. Macron propose implicitement à ses partenaires européens de se placer sous la protection de la dissuasion nucléaire française (seule option européenne possible depuis le Brexit) et non plus américaine, afin de parfaire ce projet de défense de l’Europe par l’Europe. Mais la réticence de certains pays européens, à l’image de l’Allemagne qui accueil encore aujourd’hui des armes nucléaires américaines sur son sol, retarde voire empêche le projet de défense souveraine et autonome de l’Europe portée par la France et qu’elle aura donc du mal à faire aboutir durant cette PFUE.


2. Un partenariat historique qui n’est ni souhaitable ni possible d’affaiblir lors de cette PFUE


Ce partenariat entre les Etats-Unis et l’Europe, complet et durable, est rendu d’autant plus nécessaire par la guerre en Ukraine. Les Etats-Unis restent à ce jour la première puissance économique mondiale (en termes de PIB (25)). Cette capacité économique leur a permis de mettre en place des sanctions économiques inédites contre la Russie (26) et d’envoyer une aide économique massive à l’Ukraine (27). Les Etats-Unis restent également la première puissance militaire mondiale (28) (même si un classement des États par leur puissance militaire reste à nuancer car il se doit d’être multifactoriel). Dans le contexte de la guerre en Ukraine, le seuil des 100 000 soldats américains déployés en Europe a été dépassé (29). Ce réinvestissement discret de l’Europe par les Etats-Unis est également passé par un renforcement de l’OTAN, dont les Etats-Unis sont les premiers contributeurs (30). Cette présence, directe ou indirecte américaine en Europe, suscite une certaine inquiétude de la part de la France. Cependant, représentante du Conseil de l’Union Européenne jusqu’à fin juin 2022, cette dernière se doit de prendre en compte cet héritage géopolitique qui lie l’Union Européenne et les Etats-Unis sur les questions de défense. Certains États européens, à l’image de la Pologne, sont attachés à cette présence militaire américaine en Europe car ils considèrent qu’elle n’est pas capable d’assurer sa propre défense notamment face à la menace russe (31).


Pour la France, cet héritage géostratégique liant l’Union Européenne et les Etats-Unis ainsi que le poids institutionnel que lui incombe sa fonction de présidente de l’Union Européenne freine son projet de défense européenne. Le rôle des Etats-Unis dans la construction européenne ancre profondément la légitimité de ces derniers à intervenir (directement ou non) en Europe. L’OTAN, créée en 1949, avait pour objectif d’assurer la défense du bloc Ouest et donc de l’Europe alors en reconstruction, elle-même financée en partie par les États-Unis via le plan Marshall de 1947. L’intérêt géostratégique de l’Europe et donc de l’Union Européenne durant la Guerre Froide était aisé à percevoir. Elle constituait une zone tampon entre l’URSS et les États-Unis, dont la sécurité devait être assurée à tout prix, car en dépendait la sécurité du bloc de l’Ouest tout entier. La guerre en Ukraine semble réactiver ce dessein stratégique américain. Ce 31 mai 2022, l’annonce par les Etats-Unis de l’envoi de systèmes perfectionnés de lance-roquettes à l’Ukraine a laissé la France et l’Allemagne dubitatives car ce type de décisions pourrait s’apparenter de plus en plus à un signe de co-belligérance (32). Aux vues de l’implication affirmée des Etats-Unis sur le continent européen, ce comportement pourrait remettre en cause l’autonomie stratégique européenne prônée par la France dans le cadre de cette PFUE.


Conclusion :


Les Etats-Unis et l’Union Européenne sont étroitement liés par un héritage géopolitique et stratégique commun issu de la fin de la Seconde Guerre Mondiale. La PFUE a donc pour mission de conserver cette étroite collaboration à bénéfices réciproques. La première puissance économique et militaire mondiale est un allié dont l’Union Européenne sait qu’elle ne peut, à ce jour, pas se passer. Mais l’Europe est également particulièrement importante stratégiquement pour les Etats-Unis. Glacis contre une potentielle expansion russe rendue un peu plus réelle par l’invasion de l’Ukraine, les Etats-Unis, après avoir traversés une zone de turbulence sous la présidence Trump, voient comme une priorité la conservation de leur influence en Europe. Finalement, la France peut trouver à s'accommoder de cette relation étroite avec les Etats-Unis, et ce, notamment dans les domaines du commerce, du numérique, ou encore des technologies. In fine, cette relation pourrait donc avoir un effet catalysant sur le projet de souveraineté européenne prônée par la France, car la PFUE offre à la France un cadre original de dialogue paritaire avec les USA. Cependant, la relation entre les Etats-Unis et l’Union Européenne a toujours été teintée d’ambivalence. En effet, les Etats-Unis ont souvent fait preuve de misperception (33) vis-à-vis de l’Europe, ne la prenant souvent pas au sérieux dans les débats stratégiques (1). L’influence de l’imposant allié américain en Europe reste bien réelle et perceptible dans le refus de nombre d’États européens de se placer sous le bouclier nucléaire français. La question reste de savoir si la guerre en Ukraine sera un tournant dans l’évolution du paradigme sécuritaire européen, ou si cela renforcera les Etats-Unis dans le rôle de « protecteur de l’Europe »qui rentre de facto en concurrence avec le projet de défense européenne souveraine et autonome prônée par la France lors de la PFUE 2022.


 

(1) « États-Unis - Union européenne : de la compétition à la défiance », vie-publique.fr.

https://www.vie-publique.fr/parole-dexpert/273926-etats-unis-union-europeenne-de-la-competition-la-defiance (consulté le 31 mai 2022).


(2) « Initiative pour l’Europe - Discours d’Emmanuel Macron pour une Europe souveraine, unie, démocratique. », elysee.fr, 26 septembre 2017.

https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2017/09/26/initiative-pour-l-europe-discours-d-emmanuel-macron-pour-une-europe-souveraine-unie-democratique (consulté le 25 mai 2022).


(3) « Pour une Renaissance européenne », elysee.fr, 4 mars 2019. https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2019/03/04/pour-une-renaissance-europeenne (consulté le 25 mai 2022).


(4) « Conseil du commerce et des technologies UE-États-Unis : renforcer notre partenariat renouvelé en période de turbulences »

https://france.representation.ec.europa.eu/informations/conseil-du-commerce-et-des-technologies-ue-etats-unis-renforcer-notre-partenariat-renouvele-en-2022-05-16_fr (consulté le 31 mai 2022).


(5) « Conseil du commerce et des technologies UE-États-Unis : renforcer notre partenariat renouvelé en période de turbulences »

https://france.representation.ec.europa.eu/informations/conseil-du-commerce-et-des-technologies-ue-etats-unis-renforcer-notre-partenariat-renouvele-en-2022-05-16_fr (consulté le 31 mai 2022).


(6) « Sommet UE-États-Unis, Bruxelles, 15 juin 2021 ».

https://www.consilium.europa.eu/fr/meetings/international-summit/2021/06/15/ (consulté le 29 mai 2022).


(7) https://www.consilium.europa.eu/fr/infographics/eu-us-trade/


(8) « EU-US Trade and Technology Council », European Commission - European Commission.

https://ec.europa.eu/info/strategy/priorities-2019-2024/stronger-europe-world/eu-us-trade-and-technology-council_en (consulté le 30 mai 2022).


(9) « États-Unis - Union européenne : de la compétition à la défiance », vie-publique.fr. https://www.vie-publique.fr/parole-dexpert/273926-etats-unis-union-europeenne-de-la-competition-la-defiance (consulté le 31 mai 2022).


(10) « U.S.-EU Trade and Technology Council Inaugural Joint Statement », The White House, 29 septembre 2021.

https://www.whitehouse.gov/briefing-room/statements-releases/2021/09/29/u-s-eu-trade-and-technology-council-inaugural-joint-statement/ (consulté le 31 mai 2022).


(11) « Initiative pour l’Europe - Discours d’Emmanuel Macron pour une Europe souveraine, unie, démocratique. », elysee.fr, 26 septembre 2017.

https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2017/09/26/initiative-pour-l-europe-discours-d-emmanuel-macron-pour-une-europe-souveraine-unie-democratique (consulté le 25 mai 2022).


(12) « Veille PFUE - « Un projet européen sur le long terme: la stratégie européenne d’Emmanuel Macron » », IEC-IES.

Https://www.institut-crises.org/post/veille-pfue-un-projet-européen-sur-le-long-terme-la-stratégie-européenne-d-emmanuel-macron (consulté le 1 juin 2022).


(13)«BILATÉRALISME : Définition de BILATÉRALISME». https://www.cnrtl.fr/lexicographie/bilat%C3%A9ralisme (consulté le 1 juin 2022).


(14) « Puces: le “Chips Act” européen présenté début 2022, avec un mécanisme de “préférence européenne” », France 24, 28 novembre 2021.

https://www.france24.com/fr/info-en-continu/20211128-puces-le-chips-act-europ%C3%A9en-pr%C3%A9sent%C3%A9-d%C3%A9but-2022-avec-un-m%C3%A9canisme-de-pr%C3%A9f%C3%A9rence-europ%C3%A9enne (consulté le 1 juin 2022).


(15) « Intel mise 80 milliards d’euros sur l’Europe ».

https://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/intel-va-investir-35-milliards-d-euros-en-europe-20220315 (consulté le 1 juin 2022).


(16) 6medias, « Intel va investir 80 milliards en Europe, dont une partie en France », Capital.fr, 15 mars 2022.

https://www.capital.fr/entreprises-marches/intel-va-investir-80-milliards-en-europe-dont-une-partie-en-france-1431130 (consulté le 1 juin 2022).


(17) « Vega », Centre Spatial Guyanais, 29 avril 2020.

https://centrespatialguyanais.cnes.fr/fr/centre-spatial-guyanais/lanceurs-et-installations/les-lanceurs/vega (consulté le 1 juin 2022).


(18) « Vega », Vega, 30 mai 2015.

https://vega.cnes.fr/fr/vega (consulté le 1 juin 2022).


(19) « À qui appartient l’espace ? Le premier traité de l’espace », SpaceLaw, 27 janvier 2019.

https://www.spacelaw.fr/a-qui-appartient-lespace-le-premier-traite-de-lespace (consulté le 1 juin 2022).


(20) « La France accuse la Russie de tentative d’espionnage par satellite », Le Monde.fr, 7 septembre 2018. Consulté le: 1 juin 2022. [En ligne]. Disponible sur

https://www.lemonde.fr/international/article/2018/09/07/paris-revele-une-tentative-d-espionnage-russe-sur-un-satellite-franco-italien-en-2017_5351908_3210.html

(21) « Déclaration de Mme Florence Parly, ministre des armées, sur la stratégie spatiale de défense, à la Base aérienne 942 de Lyon le 25 juillet 2019. », vie-publique.fr.

https://www.vie-publique.fr/discours/268578-florence-parly-25072019-strategie-spatiale-de-defense (consulté le 1 juin 2022).


(22) Space Foundation, The Space Report 2020, juin 2020, 77p

https://www.thespacereport.org/wp-content/uploads/2020/07/The-Space-Report-2020-Q2-Book.pdf


(23) « Le bouclier antimissile : fonctionnement, déploiement et tensions autour d’un système de défense dominé par les États-Unis », Le blog d’ISD, 23 mai 2021. http://www.isd.sorbonneonu.fr/blog/le-bouclier-antimissile-fonctionnement-deploiement-et-tensions-autour-dun-systeme-de-defense-domine-par-les-etats-unis/ (consulté le 1 juin 2022).


(24) « Discours du Président Emmanuel Macron sur la stratégie de défense et de dissuasion devant les stagiaires de la 27ème promotion de l’école de guerre », elysee.fr, 7 février 2020. https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2020/02/07/discours-du-president-emmanuel-macron-sur-la-strategie-de-defense-et-de-dissuasion-devant-les-stagiaires-de-la-27eme-promotion-de-lecole-de-guerre (consulté le 1 juin 2022).


(25) « Classement PIB : quelles sont les puissances mondiales en 2022 ? » https://www.journaldunet.com/patrimoine/guide-des-finances-personnelles/1209268-classement-pib/ (consulté le 1 juin 2022).


(26) « Les Etats-Unis annoncent de nouvelles sanctions économiques “dévastatrices” contre la Russie ».

https://www.nouvelobs.com/guerre-en-ukraine/20220406.OBS56725/les-etats-unis-annoncent-de-nouvelles-sanctions-economiques-devastatrices-contre-la-russie.html (consulté le 1 juin 2022).


(27) « Les États-Unis annoncent une nouvelle aide militaire de 800 millions de dollars à l’Ukraine », RFI, 21 avril 2022.

https://www.rfi.fr/fr/am%C3%A9riques/20220421-les-%C3%A9tats-unis-annoncent-une-nouvelle-aide-militaire-de-800-millions-de-dollars-%C3%A0-l-ukraine (consulté le 1 juin 2022).


(28) « Classement des États du monde par puissance militaire », Atlasocio.com. https://atlasocio.com/classements/defense/puissance-militaire/classement-etats-par-puissance-militaire-monde.php (consulté le 1 juin 2022).


(29) « Guerre en Ukraine : le grand retour de l’armée américaine en Europe », Le Monde.fr, 24 mars 2022. Consulté le: 1 juin 2022. [En ligne]. Disponible sur: https://www.lemonde.fr/international/article/2022/03/24/guerre-en-ukraine-le-grand-retour-de-l-armee-americaine-en-europe_6118934_3210.html


(30) NATO, « Le financement de l’OTAN », NATO. https://www.nato.int/cps/fr/natohq/topics_67655.htm (consulté le 1 juin 2022).


(31) « Otan / Union européenne : quelle coopération ? », Touteleurope.eu, 17 mai 2022. https://www.touteleurope.eu/l-ue-dans-le-monde/otan-union-europeenne-quelle-cooperation/ (consulté le 1 juin 2022).


(32) « Otan. Avec l’envoi de lance-roquettes perfectionnés, Washington muscle son aide militaire à l’Ukraine », Courrier international, 04:34:14.000000. https://www.courrierinternational.com/article/otan-avec-l-envoi-de-lance-roquettes-perfectionnes-washington-muscle-son-aide-militaire-a-l-ukraine (consulté le 1 juin 2022).


(33) Perception and Misperception in International Politics, Princeton, 1976







38 vues0 commentaire