Veille PFUE: À l'heure du bilan.

Par Lou ROCCA

Directeur de publication: Thomas MEZSAROS

Responsable pédagogique: Fabien DESPINASSE, Julie DUNOUHAUD


Introduction:


Le 1er juillet 2022, la présidence française de l’Union Européenne (PFUE) prenait fin, après six mois d’intense travail diplomatique. Lors de son discours de clôture, Emmanuel Macron énonçait que les trois priorités de la PFUE avaient été : “la lutte contre le réchauffement climatique, la promotion des droits sociaux et la régulation des géants du numérique”. Priorités auxquelles il a pu joindre trois réussites:

1 : L’approbation des 27 sur la réduction de 55% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030.

2 : La garantie d’un salaire minimum dans tous les états membres.

3 : La signature de deux lois européennes sur le numérique, les lois « DSA » et « DMA ».


Pour le chef de l’État, “ces avancées écologiques, sociales ou numériques sont historiques et ouvrent une nouvelle époque de souveraineté européenne, où l’Union agit en tant que puissance et selon ses valeurs.” (1). Historique a sans aucun doute été le contexte dans lequel la France a dû manœuvrer durant ces six mois, un contexte de guerre aux portes de l’Europe.

D’une part, cette guerre a bouleversé la géopolitique mondiale et tous les observateurs s’accordent sur le fait qu’elle a induit un bouleversement dans les rapports de force mondiaux. Aux quatre coins du monde, une réflexion de nature sécuritaire s’est ouverte, relançant en parallèle la logique des alliances. Les pays européens ont dû répondre d’une seule voix aux premiers jours de l’invasion russe. L’OTAN, alliance nord-atlantique, a pris conscience de l’importance de redéfinir sa politique de défense et de dissuasion aux vues de la menace russe. Le vote de l’AGNU du 3 mars 2022, incombant à la Russie de retirer ses troupes d’Ukraine, a montré que cette invasion était aussi un sujet d’intérêt pour des nations plus éloignées géographiquement telles que l’Inde ou la Chine qui font toutes les deux parties des 35 pays qui s’étaient abstenus. Inévitablement, la France a dû prendre en compte ces éléments contextuels dans les travaux menés lors de cette PFUE. Ainsi, l’agenda du sommet de Versailles des 10 et 11 mars 2022 s’est resserré autour de la situation en Ukraine et de la nécessité pour l’Europe de renforcer ses capacités de défense.

Mais d’autre part, la France avait entamé sa présidence du Conseil de l’Union Européenne avec un agenda très chargé. Les priorités avaient été données lors du discours du 9 décembre 2021, définissant trois axes de travail : une Europe souveraine et autonome, un nouveau modèle européen de croissance et une Europe à taille humaine (2). Un premier bilan a été dressé par la diplomatie française. En somme, la PFUE peut se résumer en : 400 évènements, 2000 réunions de travail présidées par la France et 130 textes adoptés. Ainsi, du point de vue du gouvernement français, il y a eu de véritables accomplissements, mis en valeur sur tous les sites officiels depuis le 1er juillet 2022. Les six mois de PFUE se sont achevés, et c’est à présent la République Tchèque qui sera à la tête du Conseil de l’UE pour le second semestre 2022.

Au-delà des conclusions officielles, il paraît nécessaire de tenter de dresser un premier bilan de cette PFUE.

Par la suite, il serait intéressant de voir quels ont été les impacts de la guerre en Ukraine sur le travail de la France.


I. Quel bilan dresser, une semaine après la clôture de la PFUE?


Les autorités françaises ont rapidement livré leur bilan sur cette PFUE. Il peut être opportun de comparer ces résultats avec les objectifs énoncés en 2017 puis en décembre 2021, juste avant le commencement de la présidence du Conseil de l’Union Européenne :






Exposés de la sorte, les résultats de la PFUE tendent à montrer que bon nombre d’objectifs pensés parfois il y a plusieurs années ont été atteint au terme de ces six mois.

A la lecture des conclusions officielles, on retrouve quatre domaines dans lesquels la PFUE a produit des résultats :

  1. Défense : Vis-à-vis de la guerre en Ukraine et sur le plan de la diplomatie plus globalement.

  2. Climat et environnement.

  3. Numérique.

  4. Social.

Il peut être pertinent de présenter plus en détail une mesure phare de chacun de ces domaines :

  1. Défense :

Ex : Boussole Stratégique : L’ambition de ce texte est d’« assurer la protection des Européens face aux menaces et à leur multiplication dans le monde » (5). Ce texte de quarante-sept pages est articulé autour de quatre piliers :

  1. « Agir » : il concerne la gestion de crise. Il prévoit notamment la création d’une « Capacité de déploiement rapide de l’Union Européenne », à savoir 5000 militaires mobilisables en cas de besoin.

  2. « Assurer la sécurité » : il concerne les menaces hybrides, comment les prévenir et comment y répondre. Cette question est notamment ténue pour les politiques de dissuasion des États, comme l’explique Elizabeth Braw dans son article Producing fear in the enemy’s mind: how to adapt Cold War deterrence for gray-zone aggression. (6). Ces menaces d’un nouveau genre sont un véritable défi pour les États car elles se situent en deçà du seuil de la guerre. La réponse doit donc s’organiser et s’adapter en permanence au changement de nature de la menace.

  3. « Investir » : à la façon dont l’OTAN, avec en tête les Etats-Unis, pousse toujours en faveur d’un élargissement des dépenses des États membres dans leur budget défense, ce texte européen demande aux partenaires de mener des efforts sur la part de leur budget dépensé dans ce secteur.

  4. « Travailler en partenariat » : à destination de l’OTAN, de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), ou encore de pays tels que les Etats-Unis, le Canada ou le continent africain.


2. Climat et environnement :

Ex : Le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) : forme de « taxe carbone européenne» qui concerne les importations de pays non européens. L’objectif est en fait de limiter la délocalisation d’industries polluantes (7). Cette mesure fait partie de l’ambitieux « Pacte vert pour l’Europe » porté par la présidente de la Commission Européenne, Ursula Van Der Leyen (8). Elle est par ailleurs motivée par le fait qu’en 2019, les importations européennes étaient responsables de 20% des émissions de gaz à effet de serre en Europe (8).


3. Numérique :

Ex : Le Digital Service Act : il modifie une partie d’une directive datant de 2000 sur le commerce électronique. Il doit s’attaquer aux contenus illicites qui circulent de plus en plus sur internet. (9) L’objectif est en fait d’harmoniser les législations nationales déjà en place avec pour mot d’ordre que “ce qui est illégal hors ligne doit également être illégal en ligne”.


4. Social :

Ex : le travail sur la construction d’une réglementation sur le salaire minimum en Europe. Cette directive avait été présentée par la Commission Européenne dès octobre 2020 et un accord a finalement été trouvé entre les États membres et les députés européens le 7 juin 2022. Les traités n’autorisant pas la définition d’un salaire minimum unique en Europe, cette décision doit favoriser la convergence vers une augmentation des salaires minimum de croissance dans les 21 États membres qui en ont défini un.


Les observateurs, qu’ils soient politiques, politistes ou journalistes s’accordent sur le fait qu’un travail important a été abattu durant les six mois de la PFUE. Certains saluent le professionnalisme de diplomates et administrateurs français, d’autres regrettent déjà le non aboutissement de certaines mesures. En somme, ces résultats doivent être replacés dans le contexte particulier du déclenchement d’une guerre en Ukraine par l’invasion russe du 24 février dernier. Comment tenir son agenda face à un tel renversement géopolitique qui a eu lieu aux portes de l’Europe ? L’analyse de ce bilan doit donc s'accompagner de celle du comportement de la France face à cette crise et des conséquences irrémédiables qu’elle a eu sur le travail de la PFUE.



II. Un bilan ambivalent.

1. La guerre en Ukraine : inévitable élément perturbateur de l’agenda de la PFUE


La guerre en Ukraine a eu des répercussions sur le monde entier. L’Union Européenne, aux portes du conflit, s'est retrouvée plus que n’importe quelle autre entité politique au cœur de la tornade géopolitique induite par l’invasion russe. Indéniablement, le travail de la PFUE a été perturbé par ce contexte crisogène. Nicoletta Pirozzi, à la tête du programme européen de l'Institut des Affaires internationales à Rome, indique que le large plan de coordination européenne sur la question des frontières a par exemple été « mis de côté » face à l’urgence de la guerre en Ukraine (10). Mais on pourrait aussi citer le véto hongrois sur la taxation des multinationales qui était pourtant l’un des grands chantiers souhaité par la France (11).


Deux grands moments de la PFUE ne se sont en effet pas déroulés comme la France l’aurait souhaité :


1 : Le Sommet de Versailles des 10 et 11 mars 2022 : à l’origine, l’agenda était plutôt tourné vers l’économie. L’objectif initial était de réfléchir à un « nouveau modèle de croissance européen ». Ce modèle avait été présenté dès le 9 décembre 2021 par le président français (2). L’ordre du jour de ce sommet, intervenant seulement quelques semaines après le début de la guerre en Ukraine, a finalement été remanié autour des problématiques liées à cette dernière ainsi qu’à la dépendance énergétique (pour aller plus loin sur cette thématique, voir une précédence veille PFUE de l’IEC-IES (12)). Effectivement, lors de son discours de clôture de la PFUE, E. Macron a présenté ce sommet comme traduisant la volonté des partenaires européens de “réduire nos dépendances stratégiques, être plus souverains et indépendants en matière énergétique, alimentaire, industrielle, militaire.” (1). On retrouve simplement dans les conclusions et pistes de travail dressées à l’issue de ce sommet l’ambition de construire « une économie plus résiliente » (13), une préconisation qui se rapproche des objectifs initiaux de ce sommet.


2 : La Conférence sur l’Avenir de l’Europe : ce projet de vaste consultation citoyenne était plein de promesses lorsqu’il fut pensé par la Conférence des présidents du Parlement Européen, puis lancé en 2020 par Ursula Van Der Leyen. Elle n’a finalement pas aboutit à la mesure dans l’aurait espéré la PFUE. Le Parlement a par exemple saisi cette occasion pour relancer l’idée de réformes des traités, à laquelle le président Macron était favorable, notamment sur la question du vote à la majorité (voir veille IEC-IES précédente (14)). Cette nuance sur les effets immédiats de cette vaste consultation citoyenne n’est donc pas directement en lien avec la guerre en Ukraine. Cependant, les partenaires européens avaient leur attention tournée vers l’Est de l’Europe. Un contexte qui a dû renforcer leur réticence vis-à-vis d’un mouvement de réforme structurelle de l’UE, élément qui est finalement le plus ressorti dans les conclusions de la Conférence. Dans cette même logique de temporalité malheureuse, on pourrait citer la « Communauté Politique Européenne » proposée par E. Macron en mai puis à nouveau fin juin 2022 (pour aller plus loin : veille IEC-IES précédente (14)). La situation sécuritaire déjà très précaire en Europe a pu crisper certains États membres face aux ambitieuses propositions françaises.


Finalement, c’est le grand projet sous-jacent d’Europe de la défense qui a aussi été perturbé par la guerre en Ukraine. Certes, elle a été le catalyseur de la solidarité européenne, y compris militaire. Mais un autre acteur majeur de la sécurité en Europe, l’OTAN, a rendu plus compliquée le renforcement de la coopération européenne en matière de défense voulue par la France. La position ferme de l’OTAN vis-à-vis du renforcement de sa présence en Europe et sa participation à la défense de celle-ci a été perceptible dans les conclusions du Sommet de l’Alliance des 29 et 30 juin 2022 à Madrid. Les États-Unis ont annoncé le renforcement de leur présence militaire en Europe. Le président américain Joe Biden a déclaré que "Les États-Unis font exactement ce que j'ai dit que nous ferions si Poutine envahissait l'Ukraine : renforcer nos moyens en Europe. Avec plus de navires ici, en Espagne, plus de défense aérienne en Italie et en Allemagne, plus de F-35 au Royaume-Uni, et il y aura un nouveau quartier général permanent pour le 5e corps d'armée en Pologne" (15). Au terme de cette réunion, les alliés se sont mis d’accord sur la rédaction d’un nouveau concept stratégique, en sachant que le dernier avait été pensé et rédigé en 2010. Ainsi, on peut y lire que “les forces nucléaires stratégiques de l’Alliance, et en particulier celles des États-Unis, sont la garantie ultime de la sécurité des Alliés.”(16). Les forces nucléaires françaises et britanniques sont reléguées au second plan. Bien-sûr, l’OTAN reste dans la stratégie française un allié de la plus haute importance. Mais indéniablement, cette déclaration de supériorité de la force de dissuasion américaine amenuise la crédibilité du projet de défense européenne pensée par la France et censé reposer sur sa force de dissuasion nucléaire (le Royaume-Uni étant sorti de l’UE).


Indéniablement, la crise géopolitique mondiale en cours a perturbé le travail de la France lors de cette PFUE. L’attention des partenaires européens était tournée vers cette problématique aux conséquences durables. Cependant, on peut considérer que la France a fait preuve d’adaptabilité durant ces six mois et qu’elle a su mener à bien des projets réfléchis au préalable.


2. L’adaptation de la France face à ce retournement géopolitique est saluée


France Info titrait son article de bilan de la PFUE du 30 juin 2022 de la sorte : « le pays, au bon moment et au bon endroit » (citation de Sébastien Maillard, président de l’Institut Jacques Delors). En parallèle, Nicolai von Ondarza, à la tête de la division Europe de l'Institut allemand pour les affaires internationales et de sécurité, considérait que « La présidence française a contribué à garder l'UE unifiée pendant la guerre et à faire passer, de façon très efficace, les cinq premiers trains de sanctions contre la Russie ». Deux observateurs qui considèrent que la France a réussi à conjuguer son rôle de présidence de l’Union Européenne avec le contexte particulier que l’on connaît depuis plus de quatre mois.


Concernant l’agenda de défense de la France, on voit qu’il n’a pas été complètement enterré par la guerre en Ukraine. La feuille de route de la France était chargée, mais elle était surtout doublée d’une réflexion plus globale et sur le long terme concernant l’avenir de l’Europe. L’immédiateté de la réponse à apporter face à cette guerre a pu pousser certains partenaires européens à considérer avec davantage de crédibilité les réflexions françaises sur la défense européenne. L’une des illustrations de cet élan de coopération à été la signature de la « boussole stratégique » le 21 mars 2022, mais on pourrait aussi citer l’utilisation de la Facilité Européenne pour la paix (17). Créé le 22 mars 2021, elle est financée par les États par un budget de 5 milliards d’euros pour la période 2021-2027. Il s’agit d’un instrument extrabudgétaire reposant sur deux piliers : un opérationnel et l’autre d’assistance. La Facilité Européenne pour la paix a été actionnée pour venir en aide à l’Ukraine pour un total de 2 millions d’euros, dont 90% était consacré à l'armement létal.

Malgré la présence de l’OTAN réaffirmée dès le début de l’invasion russe, la guerre a été un catalyseur de cette coopération défensive que la France a voulu convertir en propositions politiques. Les explications à cette étape franchie dans l’intégration européenne sont avant tout géopolitiques. Géopolitiques, littéralement au sens de préoccupations à la fois géographiques et politiques.

Avec ce conflit, l’Europe se retrouve plus que jamais au cœur des préoccupations sécuritaires de l’OTAN. Mais on pourrait voir cela comme un facteur « positif » pour la défense de la position française. Pour El Pais, un journal espagnol, “ce que Vladimir Poutine craint le plus n’est pas l’établissement de bases militaires autour de lui mais l’établissement de valeurs démocratiques” (18). La Guerre en Ukraine est donc une préoccupation urgente et majeure pour l’Union Européenne, géopolitiquement plus que pour l’OTAN. Par ailleurs, dans son nouveau concept stratégique, l’OTAN identifie deux menaces principales : la Russie et la Chine. A nouveau, l’Europe et donc l’Union Européenne sont aux premières loges face à ces deux menaces. Ainsi, malgré la prééminence des Etats-Unis dans l’orientation des décisions de l’alliance atlantique, ces derniers devront conjuguer leurs décisions avec l’Union Européenne. La nécessité sous-jacente étant celle de la coordination des « boussoles stratégiques » des différents États membres afin d’apparaître comme un tout organisé. C’est justement ce sur quoi la France a travaillé durant cette PFUE. Cette relation avec l’OTAN, l’Europe va devoir la préciser dans les prochains mois. Que le choix soit fait d’un partenariat de confiance totalement renouvelé, ou bien plutôt celui d’une plus forte autonomie telle que la France le souhaite, les partenaires européens ont tout intérêt à se rendre pleinement maître de leur défense, à l’heure où la menace devient plus que jamais protéiforme.


D’autres aspects de la PFUE ont été salués, en tête desquels le travail de la diplomatie française, considérée comme « crédible et modérée » (Nicoletta Pirozzi). Il faut souligner le travail de l’armée diplomatique et administrative française qui a fourni un travail titanesque pour mener à bien un maximum d’initiatives durant ces six mois. Pour Nicolai von Ondarza , « cette relative réussite de la présidence française est largement due à une administration efficace et à de bons négociateurs ». La France a également su faire preuve de flexibilité, notamment dans son acceptation de l’octroi du statut de candidat pour l’Ukraine et la Moldavie, élargissement qu’elle conditionne au préalable à une réforme des institutions.


Enfin, on pourrait aussi avancer le fait que le travail de la France n’a pas été exclusivement conditionné par la guerre en Ukraine. Certains commentateurs considèrent que les initiatives importantes ont été concentrées dans les trois premiers mois de la PFUE, de janvier à mars, avec une forte présence du président Macron à Bruxelles (moins à partir d’avril, du fait des élections nationales). L’analyse des conséquences de la guerre en Ukraine sur le travail de la PFUE ne peut donc pas être binaire. Le travail de la France, tout au long de ces six mois, renvoie aux difficultés propres à la gestion de crise à savoir la capacité de continuer à assurer un exercice décisionnel, législatif, politique malgré un bouleversement conjoncturel.


Conclusion :


La guerre en Ukraine a indéniablement eu un retentissement sur le travail de la France lors de sa présidence du Conseil de l’Union Européenne. La priorité a dû être donnée à la réponse coordonnée des partenaires européens face à la menace russe devenue réelle par l’invasion de l’Ukraine en février 2022.

Malgré tout, le bilan de la PFUE peut s’enorgueillir de la signature de 130 textes. De nombreux objectifs ont été remplis. C’est finalement le volet économique qui semble avoir été le plus mis de côté durant cette PFUE. La France a par exemple su s’adapter face au réajustement des rapports de force alors en cours, en tentant de jouer un rôle moteur dans la construction de la nouvelle architecture de défense européenne. Le temps dira si ce dessein stratégique et cette « culture stratégique » ont finalement eu des concrétisations réelles.


Le président français E. Macron achève ainsi son mot de clôture de cette PFUE : « en six mois, un nouveau chapitre s’est ouvert » (1). Le délai d’une présidence du Conseil de l’Union Européenne et la nature démocratique des institutions européennes ne permettent pas à l’État en fonction de terminer tout son agenda. Dans les conclusions de la France, on retrouve cette idée d’impulsion donnée et de la nécessité de la continuer. Irrémédiablement, la réflexion sur la « culture stratégique partagée entre européens » devra être poursuivie face à la multiplication des menaces. Mais en parallèle, c’est aussi à l’Europe sociale, voulue par Emmanuel Macron, que les partenaires européens devront réfléchir. Le réchauffement climatique deviendra surement, si ce n’est déjà le cas, la première menace qui pèsera sur les populations européennes dans les prochaines années. Les européens auront tout intérêt à devenir les leaders mondiaux de l’innovation écologique pour atteindre l’objectif présenté par Emmanuel Macron en décembre 2021 de coordination des ambitions de croissance et de transition énergétique.



 

(1) M. de l’Europe et des A. étrangères, « Bilan de la présidence française du Conseil de l’Union européenne », France Diplomatie - Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/politique-etrangere-de-la-france/europe/la-presidence-francaise-du-conseil-de-l-union-europeenne/bilan-de-la-presidence-francaise-du-conseil-de-l-union-europeenne/ (consulté le 3 juillet 2022).


(2) « Discours du Président de la République à la conférence de presse du 9 décembre 2021 - Présidence française du Conseil de l’Union européenne 2022 », Présidence française du Conseil de l’Union européenne.

http://presidence-francaise.consilium.europa.eu/fr/actualites/discours-du-president-de-la-republique-a-la-conference-de-presse-du-9-decembre-2021/ (consulté le 25 mai 2022).


(3) « Initiative pour l’Europe - Discours d’Emmanuel Macron pour une Europe souveraine, unie, démocratique. », elysee.fr, 26 septembre 2017.

https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2017/09/26/initiative-pour-l-europe-discours-d-emmanuel-macron-pour-une-europe-souveraine-unie-democratique (consulté le 25 mai 2022).


(4) Boran, « PFUE : quel est le bilan pour la présidence française du Conseil de l’UE ? », Touteleurope.eu, 29 juin 2022.

https://www.touteleurope.eu/presidence-du-conseil-de-l-union-europeenne/pfue-quel-est-le-bilan-pour-la-presidence-francaise-du-conseil-de-l-ue/ (consulté le 3 juillet 2022).


(5) Boran, « Sécurité et défense : qu’est-ce que la boussole stratégique de l’Union européenne ? », Touteleurope.eu, 25 mars 2022.

https://www.touteleurope.eu/l-ue-dans-le-monde/securite-et-defense-qu-est-ce-que-la-boussole-strategique-de-l-union-europeenne/ (consulté le 3 juillet 2022).


(6) Elizabeth Braw, Producing fear in the enemy’s mind: how to adapt Cold War deterrence for gray-zone aggression, American Enterprise Institute, March 2021.


(7) Boran, « PFUE : quel est le bilan pour la présidence française du Conseil de l’UE ? », Touteleurope.eu, 29 juin 2022.

https://www.touteleurope.eu/presidence-du-conseil-de-l-union-europeenne/pfue-quel-est-le-bilan-pour-la-presidence-francaise-du-conseil-de-l-ue/ (consulté le 3 juillet 2022).


(8) Alexis, « Climat : qu’est-ce que le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, ou “taxe carbone européenne” ? », Touteleurope.eu, 29 juin 2022. https://www.touteleurope.eu/environnement/changement-climatique-qu-est-ce-que-le-mecanisme-d-ajustement-carbone-aux-frontieres-ou-taxe-carbone-europeenne/ (consulté le 5 juillet 2022).


(9) Redaction, « Numérique : que sont le DMA et le DSA, les projets européens de régulation d’internet ? », Touteleurope.eu, 27 avril 2022.

https://www.touteleurope.eu/economie-et-social/numerique-que-sont-le-dma-et-le-dsa-les-projets-europeens-de-regulation-d-internet/ (consulté le 5 juillet 2022).


(10) « La présidence française de l’Union européenne s’achève : Paris a-t-il rempli ses objectifs malgré la guerre en Ukraine ? »

https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/union-europeenne/presidence-francaise-de-l-ue/union-europeenne-percutee-par-la-guerre-en-ukraine-la-presidence-francaise-du-conseil-de-l-ue-a-t-elle-rempli-ses-objectifs_5218672.html (consulté le 4 juillet 2022).


(11) L. P. magazine, « Taxation des multinationales : la France va proposer une directive européenne », Le Point, 8 avril 2021.

https://www.lepoint.fr/economie/taxation-des-multinationales-la-france-va-proposer-une-directive-europeenne-08-04-2021-2421369_28.php (consulté le 5 juillet 2022).


(12) « Veille PFUE - « Dépendance énergétique et alimentaire : quelles solutions avancées par la PFUE ?» », IEC-IES.

https://www.institut-crises.org/post/veille-pfue-dépendance-énergétique-et-alimentaire-quelles-solutions-avancées-par-la-pfue (consulté le 5 juillet 2022).


(13) « Sommet de Versailles des 10 et 11 mars 2022. », La France en Italie. https://it.ambafrance.org/Sommet-de-Versailles-des-10-et-11-mars-2022 (consulté le 5 juillet 2022).


(14) IEC-IES, « Veille PFUE: : La nature ambiguë de la “communauté politique européenne” d’Emmanuel Macron. », IEC-IES, 1 juillet 2022.

https://www.institut-crises.org/post/veille-pfue-la-nature-ambiguë-de-la-communauté-politique-européenne-d-emmanuel-macron (consulté le 5 juillet 2022).


(15) « Vu d’Espagne. À Madrid, l’Otan face à “un nouvel ordre international” », Courrier international, 29 juin 2022.

https://www.courrierinternational.com/article/vu-d-espagne-a-madrid-l-otan-face-a-un-nouvel-ordre-international (consulté le 3 juillet 2022).


(16) https://www.nato.int/nato_static_fl2014/assets/pdf/2022/6/pdf/290622-strategic-concept-fr.pdf


(17) « Bilan PFUE : les 5 avancées à retenir dans le domaine de la défense | Ministère des Armées », 4 juillet 2022.

https://www.defense.gouv.fr/actualites/bilan-pfue-5-avancees-a-retenir-domaine-defense (consulté le 5 juillet 2022).

(18) « À Madrid, l’Otan face à “un nouvel ordre international” ». https://www.courrierinternational.com/article/vu-d-espagne-a-madrid-l-otan-face-a-un-nouvel-ordre-international (consulté le 5 juillet 2022).


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