Veille hebdo Covid - Situation mondiale et critique(s) de la gestion de crise française

Par Chiara ALEXANDRE & Adrien BLANCHARD

Directeur de publication : Thomas MESZAROS

Responsables pédagogiques : Jean-Luc LAUTIER & Antoine CRÉTIEN


I. Tour du monde de la situation sanitaire

Légende :

Répartition des nouveaux cas confirmés par jour (lissée sur 7 jours)

Bleu foncé : Asie (quasiment 100% jusqu’en mars)

Marron foncé : Europe (pic en mars)

Blanc : Amérique du Nord

Bleu clair : Amérique Centrale et du Sud

Marron clair : Moyen-Orient et Afrique du Nord

Beige : Afrique subsaharienne

Source : Der Spiegel / Copyright : Der Spiegel / Utilisation non commerciale

Lien de l’infographie : Das Virus zieht weiter - Die weltweite Lage in Zahlen und Grafiken - DER SPIEGEL - Wissenschaft

En Asie, on assiste à la fin de la deuxième vague en Chine. Le 7 juillet, les autorités ont annoncé n’avoir recensé aucun nouveau cas à Pékin, pour la première fois depuis le 11 juin. La moitié de la population de Pékin a été testée depuis cette date, avec un total de 335 cas. le 8 juillet, au niveau national, les autorités faisaient état de seulement 7 nouveaux cas, tous importés. Les cas importés sont aussi nombreux en Corée du Sud, qui connaît moins d’infections locales, malgré la découverte de nouveaux clusters. Le maire de la ville a également disparu, avant d’être retrouvé mort dans le nord de la ville. Cela risque de perturber la gestion de la crise dans la capitale. Enfin au Japon, la capitale connaît un pic de nouveaux cas, au moment où la gouverneuse est réélue largement, ses mesures de lutte contre la pandémie ayant été appréciées. Elle poursuit ses appels à la vigilance, l’actualité étant cependant tournée vers les pluies torrentielles qui ravagent le sud et l’ouest du pays.


Les États-Unis d’Amérique continuent de s’enfoncer dans la crise, en dépassant lundi les 130.000 morts, avec en plus des mesures de déconfinement dans plusieurs États et une communication présidentielle inadéquate. Le président Trump continue de minimiser l’épidémie, d’affirmer qu’elle est presque terminée, de tenir des meetings de campagne qui se transforment en clusters d’infection… Le pays s’est aussi officiellement retiré de l’OMS le 8 juillet, après avoir battu la veille son record d’infections journalières avec 60.000 nouveaux cas, puis à nouveau le 9 juillet.


Au Brésil, le fait marquant de la semaine est la contamination du président Jair Bolsonaro. Ce dernier avait longtemps moqué le sérieux de l’épidémie et l’efficacité des mesures restrictives. Il a d’ailleurs continué de le faire pendant l’annonce de son infection. Au niveau national, la situation est hors de contrôle et pourtant les mesures restrictives locales sont peu à peu levées, aucune mesure nationale n’ayant été décrétée. Malgré les 1,7 millions de cas confirmés, les grandes villes se déconfinent et leurs rues se remplissent à nouveau pendant que l’épidémie ne faiblit pas.


Face au risque de seconde vague, l’Australie a annoncé le reconfinement de la ville de Melbourne, suite à une flambée de nouveaux cas et malgré la politique de tests massifs.


L'Europe centrale fait aussi face à une hausse des cas de Covid-19. En Roumanie, la Cour constitutionnelle a déclaré les mesures restrictives prises par le gouvernement « anticonstitutionnelles ». Les malades du virus sont donc libres de quitter l'hôpital sur simple demande, les amendes pour non-respect de la quarantaine ont été annulées et le gouvernement n’a plus aucun moyen légal de lutter contre la pandémie.

En France, la commission des requêtes de la Cour de justice de la République (CJR) a été saisie sur la recevabilité de 90 plaintes contre des ministres pour leur gestion de la crise sanitaire. Cette commission, composée de dix hauts-magistrats, fait office de filtre pour les plaintes reçues par la CJR, seule instance habilitée à juger des actes commis par des membres du gouvernement dans leur fonction. Le procureur général François Molins a expliqué qu’« à l’issue de son examen (…) soit elle estimera que ces plaintes ne sont pas recevables et elle les classera et sa décision sera définitive, soit elle estimera qu'elles sont recevables et elle me les transmettra. » Dans ce dernier cas, le procureur général serait tenu de saisir la commission d'instruction, agissant comme un juge d'instruction en menant les investigations nécessaires pour instruire les plaintes. Le 7 juillet, une information judiciaire a été ouverte à l’encontre de l’ex-Premier ministre Edouard Philippe et de ses deux ministres de la Santé successifs, Agnès Buzyn et Olivier Véran, pour « abstention de combattre un sinistre », délit passible de deux ans de prison et 30 000 euros d’amende. Il s’agira de continuer à suivre l’évolution des enquêtes, mais il apparaît le traitement pénal de la pandémie promet quelques batailles procédurales.

En parallèle, l’enquête parlementaire (détaillée précédemment) continue. Lundi 6 juillet, Martin Hirsch, directeur de l’AP-HP, et Christophe Gautier, directeur du CHU de Strasbourg ont été auditionnés. Ils ont tous deux défendu leur « mobilisation » et leur « réactivité ». Martin Hirsch est revenu sur le mauvais taux de mortalité (43%) évoqué devant cette même assemblée par le Professeur Didier Raoult le 24 juin. En effet, citant deux sources de données différentes (le système officiel de remontée des données de la direction générale de la santé et le suivi d’une cohorte), il a estimé ce taux entre 25 % et 35 %. Il avait protesté dès le 26 juin contre les déclarations de Didier Raoult, dans un courrier au Président et a martelé devant l’assemblée : « Je réfute ce qui a été dit sur notre négligence ou notre incompétence. C’est factuellement faux ». Interrogé sur les critères d’hospitalisation, Martin Hirsch et Christophe Gautier ont fait savoir qu’aucun « tri » n’avait été effectué parmi les patients. Christophe Gautier est également revenu sur la question des pénuries de masques. Il a admis des « tensions » mais a déclaré qu’il n’y avait « pas eu de rupture » dans les hôpitaux grâce aux livraisons issues du stock national tandis que Martin Hirsch a préféré ne pas s’avancer sur les origines de la pénurie.

En Guyane, alors que le pic de l’épidémie est attendu fin juillet, la situation sur le territoire est d’ores-et-déjà critique. Un confinement ciblé y est toujours en vigueur, tout comme la fermeture des bars et restaurants. Avec 6 170 personnes contaminées, dont environ 300 nouveaux cas détectés par jour, l’épidémie ne marque pas de ralentissement. Le taux de mortalité reste cependant bas par rapport au nombre de cas : 29 décès déclarés au 9 juillet. Christiane Taubira a déclaré dans une tribune pour LeMonde, « en Guyane, les services publics ne sont pas à la hauteur de l’égalité républicaine ». En effet, bien que le taux de mortalité en Guyane reste bien plus bas que son voisin brésilien, la situation n’en est pas moins alarmante. A moins d’avoir un « motif impérieux d’ordre personnel ou familial », un « motif de santé » ou un « motif professionnel », il est désormais interdit de prendre l’avion vers ou depuis plusieurs territoires d’outre-mer, dont la Guyane où l'état d'urgence sanitaire a été prolongé jusqu'au 30 octobre. L’économie guyanaise est durement touchée par le confinement puis le reconfinement partiel (couvre-feu) dans les communes principales. L’État a augmenté et prolongé l’aide alimentaire aux plus démunis. Toutefois, le collectif Mayouri santé Guyane, qui regroupe une vingtaine d’associations, de syndicats et de partis politiques locaux continu de mettre en exergue des revendications, en date de 2017, qui reste encore aujourd’hui sans réponse malgré la situation sanitaire (dépistage massif de la population, des renforts de médecins « amazoniens et cubains », l’accès à l’eau potable pour tous et la transformation de l’hôpital de Cayenne en centre hospitalier universitaire).

Loïc Epelboin infectiologue à l’unité de maladies infectieuses et tropicales du centre hospitalier de Cayenne explique que la Guyane « a bénéficié des premières études et des expériences de nos collègues de métropole ». Dans une zone qui fait figure de désert médical (deux fois moins de généralistes que la moyenne nationale pour 100 000 habitants, trois fois et demie moins de spécialistes), les équipes comptent sur les renforts de la réserve sanitaire envoyés depuis la métropole.

Jean Castex, le nouveau Premier ministre français s’est rendu dimanche en Guyane. Il a pris son poste lors du remaniement du 3 juillet, après la démission du gouvernement d’Edouard Philippe et le revers électoral de la majorité présidentielle aux élections municipales. Le ministre de la Santé Olivier Véran a été maintenu à son poste, et l’ancienne ministre de la Santé Roselyne Bachelot, qui avait affronté la crise du virus H1N1, a été nommée au Ministère de la Culture. Elle qui rêvait de ce poste, y arrive pourtant au pire moment : son ministère est depuis longtemps sous-doté, mais le secteur est aujourd’hui dans une situation gravissime. Le chiffre d’affaires moyen du secteur est en baisse de 25% par rapport à 2019, jusqu’à -72% pour le spectacle vivant. L’impossibilité de tenir des rassemblements importants cet été oblige l’annulation de la plupart des concerts, festivals, biennales et divers évènements, alors que c’est à cette période que le secteur fait le gros de son chiffre d’affaires. Roselyne Bachelot aura donc fort à faire pour sauver ce qui peut l’être et redresser structurellement le secteur. Elle semble d’ores-et-déjà conscience de la nécessité de s’entourer de « grands acteurs de la culture » pour défendre des « projets collectifs ».


II. Les avancées scientifiques et médicales

Gilead a dévoilé de nouvelles données concernant le remdesivir, un antiviral expérimental pour le traitement du Covid-19. Selon les résultats d'une étude de phase 3, le traitement de la biotech américaine a réduit de 62% le risque de mortalité chez les patients atteints d'une forme grave. Ce résultat doit cependant être confirmé par d'autres essais cliniques. L'Agence Européenne du Médicament a d’ailleurs donné une autorisation de mise sur le marché de ce médicament pour les formes graves de Covid-19 le 3 juillet 2020, mais cela doit encore être validé par les États membres. Toutefois, de nombreux médecins, dont le Professeur Raoult, estiment qu’aux stades avancés de la maladie, ce n’est plus le virus qui affecte l’organisme mais la réaction immunitaire. Ainsi, l'utilisation d’un antiviral pur comme le remdesivir ne se justifie pas. De plus, il semblerait que cet antiviral puisse causer des insuffisances rénales selon certains scientifiques. La bataille du traitement fait toujours rage sans dégager une position commune.


Les recherches scientifiques avancent également sur les méthodes de dépistage. A Lyon, à l’hôpital de la Croix-Rousse, un groupe de chercheurs du Centre international de recherche en infectiologie, de l'Institut des sciences analytiques, associés aux chimistes de l'atmosphère de l'Ircelyon (Institut de recherche sur la catalyse et l'environnement) mettent au point une nouvelle génération de tests qui éviteront les prélèvements nasaux. Les essais se poursuivent pendant l'été, et les chercheurs se disent optimistes sur leur capacité à aboutir rapidement à la mise sur le marché d'une version adaptée au grand public. Cette nouvelle technique de détection du Covid, qui a l'avantage d'être non invasive mais aussi de fournir un résultat immédiat et précis, pourrait être prête dès l’automne.

III. Le retour d'expérience de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France sur la crise du Covid-19

Début juillet 2020, la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF) dénonce, dans un rapport adressé au ministère de l’Intérieur, une « gestion de crise éloignée des principes fondamentaux » dans le cadre de la lutte contre le Covid-19. Lorsque ce rapport a été diffusé par Le Parisien, il « n’est pas finalisé et ne devait pas fuiter dans la presse » mais la Fédération assume les critiques formulées à l’égard du Ministère de la santé et des agences régionales de santé (ARS). Dans ce document, la FNSPF met en exergue le « choix politique » d'une gestion de la crise par le ministère de la Santé, au détriment d'une gestion interministérielle, malgré le « caractère intersectoriel » de la pandémie. Le président de l’Assemblée des départements de France, Dominique Bussereau, rejoint la critique de la Fédération et dénonce une gestion de la crise trop centralisée et inefficace.


« Hélas, les pompiers ont raison. C'est le même diagnostic que nous avons fait, que j'ai d'ailleurs porté récemment au président de la République. On n'a pas assez utilisé les vrais managers de crise que sont les préfets de département, et la dichotomie entre les préfets et les Agences régionales de santé a conduit à des aberrations », Dominique Bussereau.

Le colonel Hugues Deregnaucourt, vice-président de la Fédération affirme que « les préfets ont très longtemps été aveugles, aucune descente d’informations n’était faite par les délégués territoriaux des ARS » alors qu’en pratique la première réponse à la crise est apportée par le maire et le préfet de département. La loi de 2004 relative à la modernisation de la sécurité civile [1] confie aux maires, préfets (de départements, de régions ou de zone de défense) une autorité de police générale et des pouvoirs étendus en matière de gestion de crise.

Le document de la FNSPF vise donc à analyser les principes de gestion de crise et leur application ou leur non-application lors de la crise sanitaire en France. Hugues Deregnaucourt affirme ainsi « la gestion de crise, c’est un métier, on ne la laisse pas aux directeurs administratifs et financiers », « pour être efficace, la gestion d’une crise d’ampleur doit mobiliser un directeur unique, un commandant des opérations unique et des conseillers techniques ». Il dénonce ainsi la situation française, en la qualifiant de « crise du leadership de la communication ». Dans les faits, il estime que le rôle de commandant de crise a été confié à des conseillers techniques, ce qui a provoqué « un travail en silo des administrations, un brouillage des décisions stratégiques ». Le commandement a été confié au ministère de la Santé, alors que pour les pompiers, c’est le ministère de l’Intérieur qui aurait dû primer.

« Nous [les pompiers] sommes rompus à la gestion de tous les événements. (…) À chaque fois, on s'adapte, et là, le mot d'ordre c'était «tout sauf les pompiers». Nous avons tendu la main à des administrations qui n'ont pas l'habitude de gérer des situations de crise. Rien dans leur organisation et leur culture ne les prédisposait à assurer ce rôle », extrait du rapport de la FNSPF.

Les pompiers dénoncent la lourdeur et la lenteur de la réponse de l'État face à l'épidémie. Par exemple, le centre interministériel de crise a été installé le 17 mars alors que les premiers cas recensés en métropole dataient du 24 janvier. Ils soulignent également que les ARS ont eu une « gestion comptable et financière du système de santé, mais aucunement préparées à la gestion des situations d’urgence. Elles ont semblé accaparées par la gestion du nombre de places en réanimation hospitalière et par les remontées statistiques » provoquant ainsi l’oubli des EHPAD et « laissant seules les collectivités territoriales face au décès en nombre de nos aînés ». De plus, le rapport estime que les centaines d’évacuations de patients en TGV ou en hélicoptère, conçues pour désengorger les hôpitaux, étaient de « pures opérations de communication », reprochant la non-implication des cliniques privées dans la prise en charge de patients.

Enfin, la FNSPS dénonce le choix initial du gouvernement d'orienter vers le 15 (SAMU) les « appels des citoyens ayant un doute sur leur état de santé ». Selon eux, le SAMU a rapidement été débordé par l'ampleur de la tâche, alors que les services départementaux d'incendie et de secours ont été mis de côté. Les autorités n’ont donc pas suffisamment intégré les sapeurs-pompiers dans leur dispositif de crise et cela accroit la « guerre d’influence » existant entre les pompiers et le SAMU. En effet, Les états-majors du 18 et du 15, dont les missions se chevauchent, ont des rapports tendus et sont exacerbés par le chantier du numéro unique. La Fédération regrette l’absence d’un numéro unique d’urgence. À ce jour, il existe de nombreux numéros d’urgence (18 pour les pompiers, 15 pour le Samu, 17 pour la police) et l’interconnexion informatique est loin d’être généralisée. En 2017, Emmanuel Macron avait souligné la nécessité de mettre en place « une plateforme commune » pour « simplifier les choses ».

La FNSPF salue la « réactivité », la « polyvalence » et l'« adaptabilité » des sapeurs-pompiers, qui ont mené « près de 81 000 interventions » liées au Covid-19 en France. Ils se félicitent de la coopération avec les acteurs de santé à l’échelon local, qui « s'est organisée globalement de manière satisfaisante ». La FNSPF dépend de la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC) et souhaiterait ainsi être au cœur des crises. Toutefois, une coordination des différents acteurs semble être la priorité en temps de crise et le pilotage de la crise doit être décidé en fonction de la nature de celle-ci.


Enfin, après le rapport interne des sapeurs-pompiers, un lieutenant du SDIS 62, Thierry Velu, président fondateur d’une ONG spécialisée dans l’aide humanitaire, s’exprime dans un livre, La Mascarade démasquée [2]. Thierry Velu explique comment son ONG s’est retrouvée dans une situation inédite et comment le Groupe de secours catastrophe français (GSCF) a dû batailler contre l’État pour remplir ses missions humanitaires. Au début du confinement, GSCF fournissait gratuitement du matériel de protection, (colis de masques et de gel hydroalcoolique) dans toute la France, pour des hôpitaux, des médecins, des structures qui apportent à manger dans les Ehpad ou chez l’habitant. Thierry Velu déclara ensuite qu’« au lieu d’être aidés par l’État, on nous a interdit de le faire ». En effet, l’ONG a été sommée par la préfecture du Pas-de-Calais d’arrêter et de donner leur stock à l’Agence régionale de santé (ARS). La préfecture l’a menacé de lui interdire de circuler car son action n’était pas d’utilité publique. Cette situation illustre des incohérences de coordination dans la gestion de crise. En effet, l’interférence de l’administration dans les actions d’aide humanitaire plutôt que la mise en place d’une collaboration et d’une entraide pose la question de l'acculturation des services de l'État à travailler avec des ONG sur le territoire national.


IV. Pour aller plus loin

[1] Loi n° 2004-811 du 13 août 2004 de modernisation de la sécurité civile (en ligne). Disponible sur : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000804612

[2] Thierry VELU, La mascarade démasquée, Éditions BoD, 2020, 84p.

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N°RNA W691090048 - n° de parution 20160011