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Tentative de taxinomie des crises

Dernière mise à jour : 6 mai 2020

Par Laurent DANET

La théorie des crises politiques internationales ressemble à l’heure actuelle à une nébuleuse d’outils et d’observation variés. Elle est traversée cependant par un axe double, deux tendances principales qui lui servent d’ossature.


Le premier axe est celui de l’approche statistique. On retrouve cette approche chez les auteurs du projet de recherche ICB (International Crisis Behavior Project), dont le plus connu est Michael Brecher et Jonathan Wilkenfeld. En France, des analystes comme Jean-Louis Dufour ou Claude Gilbert se rapprochent également de cette tendance. L’approche statistique est d’abord comparative. Comme son nom l’indique, elle consiste à compiler un nombre maximal de données pour en extraire les essences communes, afin de déterminer les constances sociales, politiques, psychologiques, philosophiques, ou économiques, qui structurent les crises.


Le second axe est celui de l’approche dynamique. Cette approche consiste à suivre chaque crise d’une manière linéaire, d’en étudier et d’en expliquer les processus, les variations, et de proposer une typologie propre, sans forcément que cette dernière soit nécessairement universelle. La crise politique apparaît dès lors moins autonome qu’elle ne l’est dans l’approche statistique. Elle devient plutôt l’empreinte d’une époque et d’un contexte social, pol